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QU’EST-CE QU’UN PERMIS DE CONDUIRE NON PROROGÉ ?

Le 18 décembre 2025
Un permis de conduire non prorogé n’est ni un permis annulé, invalidé ou suspendu. L’absence de prorogation d’un permis de conduire signifie que le droit à conduire est interrompu, vous n’avez plus le droit de conduire tant que la prorogation n’a pas é

Conduire avec un permis de conduire non prorogé : ce que dit la loi

Le Code de la route impose que nul ne peut conduire un véhicule à moteur pour lequel un permis est exigé s’il n’est pas titulaire de la catégorie correspondante du permis, en état de validité.

La conduite sans permis valide est donc constituée dès lors que le conducteur ne respecte pas les conditions administratives de validité de son titre.

Quand l’infraction de conduite sans permis valide est-elle caractérisée ?

L’infraction de conduite avec un permis non prorogé est constituée notamment lorsque :

  • le conducteur ne s’est pas soumis à la visite médicale obligatoire, ou
  • il n’a pas demandé la prorogation de la validité du permis de conduire lorsque celui-ci est attribué pour une durée limitée, ou
  • il conduit sans avoir obtenu cette prorogation.

Il s’agit d’une contravention de 4e classe, pouvant entraîner :

  • une amende pouvant aller jusqu’à 750 €,
  • une amende forfaitaire de 135 €,
  • la suspension du permis de conduire jusqu’à 3 ans,
  • le retrait de trois points sur le permis.

Attention au risque d’invalidation du permis (48SI)

Si votre capital de points est égal ou inférieur à trois points, cette infraction entraîne :

  • l’invalidation du permis de conduire pour solde de points nul (lettre 48SI),
  • une interdiction de conduire pendant six mois,
  • l’obligation de repasser les épreuves du permis :
  • le code seul si le permis date de plus de 3 ans,
  • le code et la conduite si le permis a moins de 3 ans.

Vous serez alors soumis à une période probatoire avec un capital initial de six points.

Le cas le plus fréquent : la suspension suivie d’une visite médicale

Suspension préfectorale et conditions de reprise de la conduite

Dans la majorité des cas, vous faites l’objet d’une infraction routière entraînant une suspension administrative du permis par le préfet (formulaire 3F ou 1F).

À l’issue de cette suspension, la reprise du droit de conduire est conditionnée à une visite médicale obligatoire.

Cette démarche doit être anticipée, notamment lorsque l’infraction concerne :

  • une conduite sous l’emprise de l’alcool,
  • l’usage de produits stupéfiants,
  • ou une suspension égale ou supérieure à six mois.

Les difficultés pratiques de la visite médicale

Vous devez obtenir un rendez-vous auprès de la commission médicale de la préfecture de votre domicile via le site ANTS.

En pratique, cette démarche peut s’avérer complexe.
À titre d’exemple, en préfecture du Gard, le délai est d’environ six semaines. Lors de la connexion sur le site ANTS, aucune garantie d’obtenir un créneau n’est offerte, les places disponibles étant prises en quelques secondes. Il est souvent nécessaire de renouveler régulièrement la demande.

Aptitude temporaire : une vigilance indispensable

Le jour du rendez-vous, vous devez vous présenter avec :

  • un test psychotechnique de moins de six mois,
  • les analyses médicales demandées.

Après examen, le médecin peut vous déclarer « apte temporaire », pour une durée limitée, avec obligation d’un nouvel examen médical dans un délai de six mois ou un an.

Cette situation est fréquente en cas de conduite sous alcool ou stupéfiants.

⚠️ Soyez vigilant : la préfecture ne vous informera pas de l’obligation de ce second contrôle. Il vous appartient de vérifier votre avis médical et le délai imparti.

À défaut, et en cas de contrôle, vous vous exposez à une verbalisation pour conduite avec un permis de conduire non prorogé.

Permis non prorogé et assurance automobile : quelles conséquences ?

Refus d’indemnisation possible

Si vous êtes impliqué dans un accident de la circulation alors que vous conduisez avec un permis de conduire non prorogé, votre assureur peut refuser sa garantie, au motif de l’absence de permis valide.

Il est essentiel de vérifier votre contrat d’assurance automobile, lequel peut comporter une clause d’exclusion de garantie pour défaut de permis valide.

Indemnisation des victimes et recours de l’assureur

Cette exclusion est inopposable aux victimes : l’assureur doit indemniser les tiers.
En revanche, il peut ensuite exercer un recours contre le conducteur, et parfois contre le propriétaire du véhicule, s’il avait connaissance du défaut de permis.

Pour le conducteur ou le propriétaire assuré, l’exclusion demeure en principe opposable, sauf situations particulières (vol du véhicule, utilisation à l’insu de l’assuré…).

L’accompagnement de votre avocat en droit routier

Maître Carole CASTELBOU-DOURLENS, avocat en droit routier à NÎMES, est à votre écoute.
En cas de verbalisation pour permis de conduire non prorogé, votre avocat vous accompagne dans vos démarches administratives et la défense de vos droits.